John McCain torpille à nouveau l’abrogation de la loi d’Obama sur la santé

Le sénateur républicain américain John McCain a une nouvelle fois défié vendredi son parti et le président Donald Trump en annonçant son opposition à leur tentative de la dernière chance d’abroger la loi de Barack Obama sur la couverture maladie.

Il suffirait désormais de l’opposition d’un seul autre sénateur républicain pour signer l’échec de la majorité à réformer «Obamacare» avant la date-butoir du 30 septembre, fin de l’année budgétaire, une issue probable.

«Je vais être honnête, cela va être un peu plus difficile sans McCain», a reconnu Donald Trump lors d’un discours dans l’Alabama vendredi soir. «Mais nous reviendrons. Comme un boxeur, vous êtes au tapis et vous vous relevez», a-t-il ajouté.

La majorité du Sénat espérait voter la semaine prochaine sur une proposition de loi qui aurait, de facto, abrogé des pans entiers de la loi démocrate de 2010, avec à la clé une perte de couverture probable pour des millions d’Américains.

C’était la priorité de Donald Trump à son arrivée à la Maison Blanche. Les républicains dominant les deux chambres du Congrès, l’abrogation, cri de ralliement conservateur depuis sept ans, ne devait être qu’une formalité.

Mais c’était oublier qu’Obamacare s’est inscrite dans le paysage, malgré ses lacunes et son coût. Les Américains apprécient ses nombreux garde-fous empêchant les assureurs privés de discriminer parmi les patients, et le fait que le nombre de personnes non assurées est tombé à un niveau historiquement bas, environ 10% de la population adulte non âgée.

Trois républicains modérés ont donc torpillé une version précédente en juillet. Lors d’un vote à suspense, John McCain avait, d’un geste de la main, apporté un «non» décisif, après être revenu exprès d’Arizona, où il est soigné pour un cancer du cerveau.

Les rebelles semblaient sur le point de recommencer. Après le non de John McCain et celui du conservateur libertarien Rand Paul, il suffit d’un autre membre de la majorité pour couler le texte. Au moins deux modérées, Susan Collins et Lisa Murkowski, pourraient donner ce coup de grâce.

Il y a 52 républicains sur 100 au Sénat. Les 48 démocrates et apparentés sont opposés à toute abrogation. En cas de vote 50-50, le vice-président (républicain) peut apporter une 51e voix.

«Je ne peux en conscience voter pour la proposition Graham-Cassidy», a déclaré John McCain dans un communiqué contre la proposition de ses collègues républicains, Lindsey Graham et Bill Cassidy.

«J’estime que nous ferions mieux en travaillant ensemble, républicains et démocrates, alors que nous n’avons pas vraiment essayé», a-t-il ajouté, dénonçant une tentative partisane et précipitée, ayant contourné le processus habituel d’auditions et d’amendements.

 ‘Pas facile’

En l’attente de la réaction de Donald Trump, qui avait été ulcéré du camouflet venu de ses propres rangs en juillet, c’est son vice-président, Mike Pence, qui a assuré que l’objectif de la Maison Blanche restait inchangé.

«Ce ne sera pas facile», a-t-il dit vendredi. Mais, «le président Trump et moi ne sommes pas découragés», a-t-il ajouté.

Les démocrates, eux, ont exprimé leur soulagement.

«John McCain a fait preuve du même courage au Congrès que lorsqu’il était pilote», a salué Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate du Sénat.

Et l’animateur de télévision humoriste Jimmy Kimmel, qui avait lancé une campagne dans son émission contre le plan républicain, a félicité John McCain. Depuis la naissance de son fils en avril avec une malformation cardiaque, il milite pour que les Américains n’ayant pas ses moyens puissent bénéficier des mêmes soins et assurances abordables.

«Merci, sénateur McCain, d’être encore et encore et encore aujourd’hui un héros», a-t-il écrit sur Twitter.

La proposition de loi Graham-Cassidy aurait réduit progressivement le budget fédéral de la santé sur la décennie prochaine, et aurait permis aux Etats de s’affranchir des protections pour les patients inscrites dans la loi par Obamacare, notamment l’interdiction aux assureurs de faire payer plus cher les assurés en mauvaise santé, ce qui était possible avant Obamacare.

Pour les promoteurs de la réforme, il s’agissait de décentraliser la gestion du système de couverture santé pour en améliorer l’efficacité et en faire baisser les coûts.

Aucun chiffrage officiel n’était disponible vendredi, mais de nombreux experts et élus estiment que le plan républicain aurait conduit à une perte de couverture maladie pour plus de 30 millions d’Américains à l’horizon 2026.

Ubisoft au coeur de la guerre des talents dans le jeu vidéo

Confronté à une guerre pour recruter les talents les plus brillants de l’industrie du jeu vidéo, Ubisoft cherche à se montrer attractif, notamment par l’attribution d’actions aux salariés, enjeu majeur de l’assemblée générale de vendredi, où il retrouvera son grand actionnaire Vivendi.

L’éditeur français de jeux vidéo craint que le géant des médias, devenu son premier actionnaire (27%) après une arrivée surprise à son capital il y a deux ans, ne bloque l’utilisation de ces programmes en s’abstenant de voter ses résolutions, comme il l’a fait l’année dernière, même si Vivendi n’a toujours pas dévoilé ses intentions.

Si Ubisoft, porte-drapeau et leader français du secteur, va repérer les profils les plus prometteurs des développeurs ou créatifs avant leur sortie d’école il est aussi dans une compétition internationale face aux poids lourds étrangers Activision, Electronic Arts ou Take Two.

A Montréal, devenu un creuset du jeu vidéo mondial, il arrive ainsi que les recruteurs tractent à la sortie des studios pour tenter de débaucher des salariés.

«Il y a une compétition mondiale, les talents circulent au-delà des frontières et ça oblige les employeurs à se décarcasser pour les attirer», confirme Julien Villedieu, délégué général du Syndicat National du Jeu Vidéo (SNJV).

Ainsi, en France «plus de 65% des salariés sont en CDI alors que la production de jeux est très cyclique».

«Les programmeurs sont très recherchés et l’industrie du jeu vidéo est aussi en concurrence pour les recruter avec les sociétés d’informatique, qui parfois ont des rythmes de travail moins intenses», explique-t-il à l’AFP.

les «data scientists» s’arrrachent

Outre les spécialistes du codage informatique, «tout le monde s’arrache les data scientists», ces spécialistes du traitement des données, ainsi que «les experts du marketing en ligne et les gestionnaires de communauté», renchérit Stéphane Natkin, directeur de l’Ecole Nationale des Jeux et Media Interactifs (ENJMIN).

Pour les candidats, la principale motivation «c’est de participer à la création d’un jeu majeur», estime le responsable.

A Montréal, plus gros studio d’Ubisoft, l’éditeur propose une clinique sur site, une salle de gym luxueuse mais aussi une crèche pour chouchouter ses salariés.

Mais les incitations financières restent des arguments de poids pour permettre aux grands éditeurs de convaincre les candidats les plus recherchés.

Or, à l’assemblée générale 2016, Vivendi s’était abstenu de voter les résolutions proposées par la direction d’Ubisoft, empêchant la mise en place de plans d’actions gratuites et de stock-options pour certains salariés.

Si Ubisoft a pu continuer à utiliser ses anciens plans, il fait face à présent à la nécessité de les renouveler.

Ubisoft va les soumettre à nouveau cette année, parmi d’autres résolutions extraordinaires, qui doivent être adoptées à plus des deux tiers des voix, et qui pourraient être mises en échec si Vivendi s’abstenait à nouveau.

En cas de blocage, des solutions alternatives existent mais coûteraient plus chères à la société et donc à ses actionnaires, fait valoir le groupe.

Les géants de la Silicon Valley Google, Apple ou Airbnb attirent eux-aussi les salariés avec un partage des bénéfices et des programmes incitatifs à long terme à base d’actions.

Et «si Ubisoft se fait amputer d’une de ces possibilités, on ne sera pas en position de force pour attirer les meilleurs, ce serait problématique», souligne Cédric Orvoine, vice-président d’Ubisoft Montréal chargé des ressources humaines et de la communication à l’AFP.

Le groupe de Vincent Bolloré dit vouloir être représenté au conseil d’administration d’Ubisoft et rechercher un dialogue avec la famille Guillemot, fondatrice du groupe. Mais les frères Guillemot, qui qualifient la montée au capital du groupe par Vivendi d’«hostile», sont opposés à tout rapprochement avec le géant des médias, et dénoncent l’attitude de Vivendi.

Yves Guillemot le PDG d’Ubisoft, a appelé Vivendi à «se comporter en actionnaire responsable», dans une interview aux Echos publiée début septembre.

«Ubisoft n’est pas un jouet, mais une équipe olympique. Quand les collaborateurs se dépassent pour faire les meilleurs jeux de l’industrie, ils doivent être associés aux performances à moyen et long terme de l’entreprise», relevait-il.

JO-2024: bain de foule pour Macron sur le site de voile à Marseille

Sourires et échanges avec les athlètes de tous les âges: le président Emmanuel Macron a virtuellement lancé jeudi les épreuves de voile des jeux Olympiques de Paris en 2024 sur la marina du Roucas Blanc, à Marseille.

«Dans sept ans, il y aura les Jeux ici, tu as intérêt à être prêt!», a lancé Emmanuel Macron à un jeune navigateur. Non loin de lui, le président du Comité international olympique Thomas Bach distribuait des pin’s avec les anneaux olympiques.

Accueilli par le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, et de députés marseillais, M. Macron était également accompagné de la ministre des Sports, Laura Flessel.

La délégation est notamment descendue au niveau de la mer pour rencontrer des athlètes, enfants, sportifs de haut niveau et handisportifs.

Pendant plus d’une heure, M. Macron a échangé avec eux, il a reçu d’une petite fille un dessin de baleine, un scoubidou, et a signé des autographes sur des tee-shirts d’enfants du club de voile.

«Ces Jeux seront les Jeux de toute la France et de tous les Français», a insisté le président.

Pour Thomas Bach, «le fait que nous soyons à Marseille montre l’unité de ce projet, fait pour être partagé par tous les Français, mené par un champion olympique (Estanguet) et un soutien sans faille du monde politique».

Le deuxième stade de Marseille

«Le président voulait tout de suite après l’obtention des Jeux envoyer un signal fort, qu’ils ne sont pas que pour les Parisiens», a expliqué Tony Estanguet, président du Comité d’organisation des JO-2024 (COJO).

De retour de New York, où il participait à l’assemblée générale des Nations Unies (ONU), le président a d’abord eu un aperçu de la future marina olympique, depuis un promontoire surplombant la mer, orné des anneaux.

Un sérieux mistral a même abattu les anneaux et contraint le service de presse à tenir les grands panneaux qui montraient des photomontages du site en configuration olympique, avec tribunes, podiums, espaces réservés à la presse et lignes de départs des régates.

«Ce bassin est reconnu mondialement, a ajouté Estanguet, il a accueilli beaucoup de régates, c’est un bassin magnifique pour les spectateurs».

«Les premiers spectateurs seront à 100 mètres du premier bateau, on ne peut pas faire mieux», a précisé Didier Reault, adjoint au maire délégué à la mer et au nautisme, chargé de la visite guidée. L’édile a présenté «un stade nautique mondial, le deuxième stade de Marseille après le Vélodrome», qui recevra lui des matches du tournoi olympique de foot.

L’adjoint a promis «un spectacle pour le grand public», avec des tribunes installées à même la corniche Kennedy pendant les épreuves, coupant la circulation. Un site «clinquant», a réagi M. Macron, «spectaculaire» pour le président du CIO, Thomas Bach.

La délégation s’est ensuite rendue en bateau à la mairie de Marseille, sur le Vieux-Port.

Philippot quitte le FN et Le Pen

Florian Philippot et ses proches ont annoncé jeudi leur départ d’un Front national «rattrapé par ses vieux démons» et rompu avec Marine Le Pen, qui a dénoncé en retour la stratégie de «victimisation» de son ancien bras gauche.

«Bien sûr que je quitte le Front national», a annoncé sur France 2 l’eurodéputé, cravate rouge et croix de Lorraine à la boutonnière.

La veille, M. Philippot avait été sanctionné pour avoir refusé de mettre un terme au «conflit d’intérêts» pointé du doigt par la présidente entre ses fonctions au FN et son rôle à la tête de son association Les Patriotes lancée mi-mai.

Un «prétexte», d’après celui qui fut le chef d’orchestre de la «dédiabolisation» du parti d’extrême droite, pour cacher le «retour en arrière terrible» du FN dans le débat de «refondation» engagé par Marine Le Pen. Un débat lancé au soir d’un second tour de la présidentielle qui a entraîné le parti dans une spirale négative: des législatives décevantes, un été au cours duquel le parti a été inaudible au moment où Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise se sont posés en premiers opposants à Emmanuel Macron.

Pour Marine Le Pen, c’est une stratégie de «victimisation». Mais, a-t-elle assuré lors de l’émission Questions d’Info (LCP-AFP-France Info-Le Monde), elle «respecte» la «décision» de son ex-bras gauche qui ne la «réjouit pas».

Celle-ci a mis en garde ceux qui «ont pensé qu’il existait d’autres lignes que la (sienne): Florian Philippot a décidé de me rejoindre sur la base de cette ligne» ni droite, ni gauche. Elle a annoncé dans la foulée être «la plus solide et la mieux placée» au FN pour l’élection présidentielle de 2022 et s’est également formellement déclarée candidate à sa succession à la présidence du FN lors du congrès en mars.

Plusieurs ténors frontistes, qui n’ont jamais cessé de critiquer M. Philippot depuis son officialisation en 2011 comme directeur stratégique de campagne présidentielle de Marine Le Pen, n’ont pas caché leur satisfaction de le voir quitter le navire.

M. Philippot, c’était aux yeux de frontistes le «chevènementiste» au comportement «cassant», plus étatiste et moins libéral, «gaulliste» dans un parti aux racines viscéralement anti-Général. D’autres l’accusaient d’être le chef de file d’un supposé «lobby gay» au FN, à qui il n’était guère reconnu que sa force de travail et son aisance médiatique.

«Des dizaines d’enterrements» du FN

Nombreux font d’ailleurs de cette personnalité clivante de M. Philippot, «extrémiste sectaire, arrogant et vaniteux» selon Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen, le principal facteur expliquant cette «inéluctable» rupture.

«Triste nouvelle», mais «dont acte, il n’a pas souhaité clarifier», a réagi à l’AFP David Rachline, directeur de campagne présidentielle de Marine Le Pen dont il était proche.

Autre hypothèse, avancée par Bruno Mégret, parti du FN en 1999 avec armes et cadres pour une aventure sans lendemain: «Ils partagent les mêmes idées, le même programme, la même stratégie, donc en réalité c’est une manoeuvre de Marine Le Pen pour prendre son ancien bras droit comme bouc émissaire, afin d’écarter d’elle la contestation qui gronde», a-t-il confié sur LCI.

«Je ne me suis pas servi de Florian Philippot comme fusible après la présidentielle mais il ne faudrait pas qu’il se serve de moi comme fusible…», a balayé la patronne du FN en petit comité.

Quelques frontistes ont annoncé suivre «Florian», comme sa lieutenante et eurodéputée Sophie Montel ou le comédien Franck de Lapersonne.

«Le +Front+ s’en remettra sans difficulté», rétorque Mme Le Pen, soulignant avoir déjà «assisté à des dizaines d’enterrements du FN». D’autant que l’espace politique est saturé pour M. Philippot, qui entretient des relations compliquées avec Nicolas Dupont-Aignan.

Débarrassé de cette «fracture relationnelle», selon le mot du député du Gard Gilbert Collard, le FN n’en a pas pour autant fini avec les interrogations sur sa ligne.

De nombreux ténors proches du FN appellent Marine Le Pen à donner un coup de barre à droite. «Maintenant, à Marine Le Pen de ne pas faire du Philippot sans Philippot» a exhorté sur CNews Robert Ménard, maire de Béziers, élu avec le soutien du FN.

Arnaud Stéphan, ancien bras droit de Marion Maréchal-Le Pen, craint lui que le FN ne soit plus que «la maison commune des marinistes». C’est un peu court pour préparer une alternance».

Code du travail: Martinez «tend la main» à Mailly et Berger

Philippe Martinez, numéro un de la CGT, a «tendu la main» jeudi, au matin d’une deuxième journée d’action contre la réforme du travail, à ses homologues Laurent Berger (CFDT) et Jean-Claude Mailly (FO), pour construire une «mobilisation unitaire».

M. Martinez a dit sur LCI «regretter» l’absence des deux leaders syndicaux, alors même qu’ils s’opposent eux-aussi aux ordonnances réformant le Code du travail, faisant néanmoins remarquer que certains de leurs militants sont, eux, aux côtés de la CGT «dans les cortèges».

«Mais je ne désespère pas et c’est pour ça que je pense qu’il faut que nous nous rencontrions rapidement pour envisager des formes de mobilisation unitaire», a-t-il poursuivi.

«On leur tend la main, si on peut dire, pour qu’on se rencontre rapidement et qu’on envisage ensemble une riposte», a-t-il insisté, faisant valoir que «personne, aucun syndicat en France, n’a dit que ces ordonnances allaient dans le bon sens».

Selon lui, «quand le monde syndical, quand les salariés sont divisés, c’est en général toujours le patronat qui gagne».

Interrogée par l’AFP, la CFDT a dit «ne pas avoir reçu d’invitation» formelle de la CGT et que donc il n’y avait «pas de réponse à donner».

FO a de son côté répondu que la question des actions à mener contre la réforme serait examinée les 28 et 29 septembre lors du Comité confédéral national, sorte de «Parlement» du syndicat. D’ici là, une éventuelle rencontre avec les autres organisations syndicales «ne sert à rien».

La CFE-CGC a assuré ne pas avoir «de réponse immédiate» à l’invitation de la CGT.

La CGT organise ce jeudi avec Solidaires une deuxième journée d’action contre les ordonnances, après une première le 12 septembre, qui a rassemblé entre 223.000 (police) et 500.000 (CGT) personnes dans toute la France.

«Il y avait plus de manifestants et beaucoup plus d’arrêts de travail dans les entreprises que pour la première mobilisation le 9 mars 2016 contre la loi El Khomri, donc c’est un bon début», a de nouveau estimé Philippe Martinez, pour qui «ce qui compte aujourd’hui et dans les jours et les semaines qui viennent, c’est que la mobilisation se renforce».

«Il faut que les salariés interviennent et que les citoyens interviennent, c’est ça la démocratie dont ne parle pas M. Macron», a-t-il déclaré, en réponse au président qui a dit mardi depuis New York que «la démocratie, ce n’est pas la rue».

Bataille de startups: comment convaincre un investisseur en 6 minutes?

Intimidés par l’enjeu mais toujours enthousiastes, de jeunes entrepreneurs choisissent de jouer leur avenir en quelques minutes dans des compétitions de startups, comme cette semaine à San Francisco, pour convaincre des investisseurs que leur projet aura peut-être un destin à la Facebook.

Brian Chae est venu de Séoul pour tenter sa chance. Sur la grande scène d’un salon organisé par le magazine spécialisé TechCrunch, il fait face à un jury d’investisseurs. Dans la salle, des centaines de spectateurs, entrepreneurs comme lui, analystes, journalistes… et des milliers d’autres qui suivent le concours via une retransmission internet.

Il a six minutes pour les convaincre que sa technologie est révolutionnaire: sa startup Looxidlabs a mis au point un logiciel qui peut analyser les émotions, via les mouvements des yeux et les ondes cérébrales.

Adapté à un casque de réalité virtuelle, le système peut servir à des agents immobiliers ou à des hôteliers, par exemple, pour déterminer de façon quasi certaine ce que pensent réellement les consommateurs d’un aménagement, assure Brian Chae dans un anglais parfois hésitant. Passage obligé pour tous les participants: la démonstration en direct de leur invention.

Pendant six autres minutes, le jury assaille le jeune homme : «quel prix pour le casque ?», «quel +business model+ ?»

«J’étais un peu nerveux à l’idée de faire cette présentation devant six VC» («venture capitalists», investisseurs en capital-risque), témoigne Brian Chae, qui avait répété sa présentation «une centaine de fois».

‘Discours d’ascenseur’

Une vingtaine de jeunes pousses tentent ainsi de se faire connaître et de gagner la «Bataille des startups», point d’orgue du salon. A la clé, 50.000 dollars et un gros coup de projecteur. Les jeunes pousses se financent souvent via leur entourage pour démarrer mais ont rapidement besoin de lever davantage de fonds. Elles doivent donc séduire coûte que coûte. Et vite.

L’exercice – sorte de speed-dating pour startup – a un surnom: «elevator pitch», littéralement «discours d’ascenseur», court et calibré pour convaincre rapidement une personne influente dont le temps est compté.

«Si vous ne savez pas présenter votre dossier et répondre aux questions les plus évidentes» le temps d’un voyage en ascenseur, «alors votre proposition ne tient pas la route», explique Barry Broome, à la tête du Conseil économique de la région de Sacramento (140 km au nord-est de San Francisco), qui aide souvent des «startuppers» à mettre au point un «pitch» efficace.

Le potentiel des startups se mesure d’abord aux sommes levées, qui se comptent parfois en millions de dollars. Selon TechCrunch, 648 entreprises ont concouru depuis 10 ans et ont levé en tout près de 7 milliards de dollars.

DropBox, plateforme de stockage de données en ligne qui a gagné une compétition organisée par TechCrunch en 2012, revendique aujourd’hui 500 millions d’utilisateurs et près d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires.

«Pour nous, il y a un gros enjeu» avec cette compétition, explique Claire Tomkins, venue présenter sa startup FutureFamily, qui aide à financer l’aide à la procréation pour les couples infertiles. Elle a lâché un beau poste il y a 18 mois pour monter sa boîte après avoir elle-même fait plusieurs fécondations in vitro, qui peuvent coûter jusqu’à 20.000 dollars aux Etats-Unis.

‘Tout ou rien’

«J’étais très nerveux avant de monter sur scène», abonde John MacDonald, dont la startup Pi affirme avoir fabriqué le premier chargeur sans contact. Cette compétition est le moyen d’avoir «l’une des plus grandes audiences du secteur de la +tech+», poursuit-il avec un enthousiasme communicatif.

Il serait ravi de gagner la compétition mais le simple fait de présenter son invention devant un tel auditoire «nous aide vraiment à lever des fonds», dit-il encore.

Mais pour des milliers de projets, bien peu d’élus arriveront à mettre leur entreprise sur les rails et surtout, à la faire vivre au-delà de quelques mois ou quelques années.

«On est dans un environnement du +tout ou rien+», explique Rik Reppe, du cabinet PwC, qui aide des startup à se lancer.

Et ils «se mettent eux-mêmes beaucoup de pression» sur les épaules, constate-t-il, tandis que les badauds se pressent dans les allées pour saluer Zach Woods, acteur de la série Silicon Valley, qui met en scène de jeunes ingénieurs lançant leur startup.

Smartphones: le taïwanais HTC racheté en partie par Google pour 1,1 milliard de dollars

Le fabricant taïwanais de smartphones en difficulté HTC a annoncé jeudi la revente partielle de ses activités pour 1,1 milliard de dollars au géant américain Google qui cherche à renforcer sa présence sur un marché dominé par Apple et Samsung.

L’accord porte sur les licences de propriété intellectuelle du taïwanais, et le processus de rachat sera achevé début 2018 après feu vert du régulateur, selon HTC.

Le rachat concerne la moitié des équipes de HTC employées dans la recherche, soit environ 2.000 personnes, dont bon nombre travaillent déjà sur le smartphone Pixel du géant de la Silicon Valley.

«Pour Google, cet accord renforcera son engagement et ses investissements dans l’activité smartphone», a déclaré Peter Shen, porte-parole de HTC, lors d’un point de presse à Taipei.

«En sus d’une équipe expérimentée et talentueuse de professionnels, Google continuera d’avoir accès à la propriété intellectuelle de HTC afin de soutenir la famille du smartphone Pixel», a-t-il dit. «Cet accord représente aussi un investissement important de Google dans Taïwan en tant que carrefour clé d’innovation et de technologie».

Le porte-parole s’est refusé à fournir d’autres précisions sur ce rachat mais a souligné que HTC continuerait à développer et à vendre des smartphones sous sa propre marque.

La cotation de HTC avait été suspendue dans l’attente de l’annonce mais le titre avait perdu plus de 12% depuis début janvier.

HTC est déjà l’un des fournisseurs de Google, qui a lancé Pixel, le smartphone sous sa marque, l’an dernier. Le groupe américain s’apprête à dévoiler la deuxième génération du Pixel début octobre, et ainsi confirmer son ambition de rivaliser avec Apple et Samsung.

L’américain vient de dévoiler trois nouveaux modèles d’iPhone tandis que le géant sud-coréen a également présenté récemment sa dernière «phablette», le Galaxy Note 8, qui doit lui permettre de tirer un trait sur la débâcle de sa version précédente aux batteries explosives.

HTC travaille en ce moment sur un nouveau modèle phare de smartphone et continuera à investir dans des domaines comme la réalité virtuelle, l’intelligence artificielle et l’internet des objets, a ajouté M. Shen.

«Cet accord témoigne d’une décennie de relations entre HTC et Google autour du développement de smartphones premium», a déclaré Google dans un communiqué conjoint avec HTC.

Google avait acquis le fabricant de téléphones Motorola en 2012 pour 12,5 milliards de dollars mais s’était résolu à le revendre deux ans plus tard au chinois Lenovo, pour moins de trois milliards de dollars.

HTC était jadis une star dans le secteur extrêmement concurrentiel des smartphones, mais n’a pu tenir son rang face à Apple et Samsung et aux marques chinoises comme Huawei.

HTC a accusé au deuxième trimestre son neuvième trimestre consécutif de pertes (1,95 milliard de dollars taïwanais, 54 millions d’euros).

FN: Mélenchon réitère son appel aux électeurs «fâchés mais pas fachos»

Jean-Luc Mélenchon a réitéré jeudi son appel aux électeurs du Front national «fâchés mais pas fachos» à se tourner vers la France insoumise (LFI), après le départ de Florian Philippot du FN.

«Excellent», «C’est leur affaire. Mais c’est parfait», a réagi M. Mélenchon sur RTL à l’annonce du départ du FN du vice-président Florian Philippot.

«Ne sous-estimez pas les débats idéologiques au Front national: ils discutent de savoir si le couscous est une nourriture nationaliste ou pas. Quand même, ça compte ça !», a ironisé le député de Marseille en référence à une polémique sur Twitter après un récent repas de couscous de M. Philippot.

«C’est un parti qui ne sert à rien. Et les gens qui étaient très fâchés et pas fachos, je leur dis maintenant +tournez leur le dos et venez avec nous, parce que nous on défend les salariés, et les autres aussi+», a lancé Jean-Luc Mélenchon.

M. Philippot peut-il rejoindre la France insoumise ? «Non ! Non ! C’est un fasciste», a-t-il répondu.

L’aquaculture française toujours à la peine malgré une demande qui explose

En progression constante dans le monde, l’aquaculture souffre en France de handicaps qui obèrent son développement: acceptabilité par la population et difficultés d’accès au foncier.

Alors que la consommation humaine de poissons issus de l’aquaculture a dépassé celle permise par la pêche et que la demande est de plus en plus élevée, la production aquacole stagne en France depuis les années 1990.

«La consommation de truite fumée est en hausse de 10 à 12% par an depuis 10 ans en France. Or nous n’avons pas produit un kilo de truite en plus», peste Dominique Charles, directeur de la coopérative Bretagne Truite.

«Le consommateur veut manger du local mais pas fait devant chez lui. 80% des alevins produits en France sont exportés et reviennent 7 mois plus tard sur nos étals. Plus de 80% des produits halieutiques français sont importés, il faut que ça cesse», poursuit-il.

D’où un déficit récurrent et colossal pour le commerce extérieur français, de plus de 3,5 milliards d’euros.

Principal coupable, selon M. Charles, le «blocage de l’administration alors que nous sommes rentrés depuis 15 ans dans une démarche d’aquaculture durable».

«Il faudrait qu’on ait une réglementation plus claire», renchérit Philippe Le Gall, président du comité régional de la conchyliculture Bretagne sud et à la tête d’une exploitation d’huitres près de Vannes: «on a trop de textes qui se chevauchent, c’est très facile de trouver des failles, notamment sur les délais d’enquête publique», déplore-t-il.

Des failles comme autant d’angles d’attaque pour les riverains qui ne souhaitent pas voir se développer au bas de chez eux des bassins d’élevage, pour des raisons environnementales ou esthétiques.

Ces difficultés font l’objet d’une table ronde, dans le cadre des assises de la pêche et des produits de la mer, jeudi à Quimper, intitulée «Accès aux sites aquacoles: le parcours du combattant».

Des producteurs exportent leur savoir-faire

Pas plus tard que cet été, rappelle M. Le Gall, la plage de Damgan, dans le Morbihan, a été le théâtre d’une opposition farouche des défenseurs du littoral à un projet de parc à moules à… deux kilomètres au large.

«Les bouchots, on ne les voyait pas de la côte», déclare-t-il, un brin désabusé.

Conséquence, les professionnels partent développer l’aquaculture hors de France, notamment en Irlande, où, selon lui, le savoir-faire français est accueilli «à bras ouverts», avec des contraintes règlementaires bien moins fortes.

«Pourtant, la France bénéficie d’atouts indéniables», s’étonne Elodie Martinie-Cousty, co-rapporteure d’un avis du Conseil économique, social et environnemental sur l’aquaculture.

Dans une tribune où elle relève l’absence de l’aquaculture des Etats généraux de l’alimentation, elle met en avant les «zones littorales très étendues, de nombreux cours d’eau et étangs ainsi qu’une grande diversité climatique, ce qui permet l’élevage d’un large éventail d’espèces endémiques». Elle regrette aussi que, «depuis 20 ans, aucune entreprise de pisciculture marine n’a été créée en France».

Pourtant, certains veulent croire que, politiquement, le vent a tourné.

«On sent une pente positive, une prise en compte par l’administration, par le gouvernement, de gens qui sont plutôt favorables à l’activité, c’est relativement récent», estime Philippe Balma, président du syndicat des aquaculteurs marins et producteur aquacole en Méditerranée, près de Sète.

Principale avancée concrète, depuis quelques années, la rédaction par les préfectures des schémas régionaux de développement de l’aquaculture marine (SRDAM), qui répertorient les sites propices au développement de l’aquaculture. «Ils nous permettent d’avoir une certaine visibilité sur les lieux, ce n’est pas un blanc-seing mais ça permet de dire aux gens: +là, on peut avoir cette activité+», selon M. Balma.

Il souligne néanmoins que de gros progrès restent à faire sur le traitement des dossiers.

«Le temps de traitement, c’est ce qui pèse le plus. Ca peut durer de deux à trois ans, toutes démarches confondues. On a plusieurs interlocuteurs sur chaque sujet, c’est ce qui rend tout très long», déplore-t-il.

Réduction du bilan de la Fed: l’inconnu d’une normalisation monétaire

La Réserve fédérale américaine a annoncé mercredi qu’elle allait, à partir d’octobre, définitivement tourner la page de sa généreuse politique monétaire exceptionnelle, une normalisation synonyme aussi d’une entrée en terrain inconnu.

La présidente de la Fed, Janet Yellen, a expliqué que l’économie se portait suffisamment bien pour que la banque centrale cesse progressivement de remplacer ses bons du Trésor et titres appuyés sur des créances hypothécaires (MBS) qu’elle a massivement accumulés après la crise financière de 2008 pour soutenir la reprise.

En achetant des milliers de milliards de dollars d’actifs, la Fed a pesé sur les taux à la baisse et injecté d’immenses liquidités dans le système financier pour fluidifier le crédit et stimuler l’investissement.

La banque centrale avait ainsi innové, sortant de son rôle traditionnel avec ce stimulus qui a démarré en novembre 2008 et été injecté en trois phases qui ont duré six ans (QE1, QE2 et QE3, les initiales «QE» venant de «Quantitative Easing» ou assouplissement quantitatif).

En octobre 2014, elle a cessé complètement l’achat de ces actifs. Mais en annonçant au débotté ce projet de couper progressivement le robinet de l’argent facile, l’ancien président de la Fed, Ben Bernanke, avait provoqué en juin 2013 d’importants remous sur les marchés financiers. Les investisseurs, anticipant une remontée des rendements sur les bons américains, avaient soudainement fui les marchés émergents provoquant même des dévaluations.

Mercredi, l’annonce du dégonflement du bilan de la Fed déjà anticipée par les marchés, n’a guère provoqué de remous à la bourse ou sur le marché obligataire.

Impact discuté

Cette politique d’expansion monétaire, qui a aussi été adoptée par la Banque centrale européenne (BCE), celle de Grande-Bretagne et celle du Japon, a laissé la Fed avec la somme record de près de 4.500 milliards de dollars à son bilan, contre 900 milliards avant la crise. Près des deux tiers sont des bons du Trésor.

L’impact de cette innovation monétaire reste discuté. Les dirigeants de la Fed et Ben Bernanke le premier, assurent que, sans ce stimulus, la reprise, qui est restée molle, n’aurait pas eu lieu. Mais d’autres économistes, y compris au sein de la Fed, restent sceptiques sur les bénéfices de l’expansion monétaire, en citant l’exemple du Japon dont la stratégie d’assouplissement monétaire à répétition n’a jamais relancé la croissance.

Une chose est sûre, les milliards injectés par la Fed ont paradoxalement favorisé la Bourse. Vu la baisse des rendements obligataires, les investisseurs se sont tournés vers les actions, bien plus rémunératrices.

Aujourd’hui, en cessant de racheter des bons du Trésor, la Fed risque de provoquer une remontée des rendements. Sa démarche va ressembler à un resserrement monétaire mais comme cela n’a jamais été fait, personne ne connaît vraiment l’ampleur de l’impact. Les experts du Trésor américain estiment par exemple que ces désinvestissements vont entraîner une hausse de 0,4% point de pourcentage des rendements sur les bons à 10 ans.

Mercredi, Janet Yellen a répété que l’outil primordial de politique monétaire restait l’action sur les taux mais elle a concédé, qu’en cas de détérioration majeure de l’économie, la Fed pourrait cesser les désinvestissements et reprendre le rachat de titres.

Elle espère en tout cas que le processus de réduction du bilan sera «long et ennuyeux», aussi inoffensif que de regarder «l’herbe pousser».

C’est pour cela que l’arrêt des réinvestissements de la banque centrale va être très progressif au rythme de 10 milliards de dollars par mois (60% en bons, 40% en MBS) et sera augmenté de 10 autres milliards mensuels tous les trois mois.

Les experts pensent que d’ici 2021, vu le volume de titres arrivant à maturité, la Fed pourrait réduire son bilan de 1.300 milliards.